Vive la lutte des postiers de Lormont !

Publié le par NPA Secteur Poste

L’emploi et le service public : voilà ce qu’ont défendu les facteurs de la Poste de Lormont Génicart.

Il s se sont tous mis en grève totale et illimitée à partir de lundi 19 décembre (sauf 2 CDD et un jeune apprenti FormaPoste, empêchés par leur statut précaire) pour le report d’une réorganisation et le comblement de 2 postes vacants.

Lorsque la direction a voulu présenter un bilan de la baisse, selon elle, des PRE (points de remise du courrier) nécessitant une réorganisation et la suppression de 2, 9 tournées, les syndicats CGT et SUD ont proposé aux agents une pétition pour le report de celle-ci.

Une réorganisation signifie un recalcul du nombre de tournées, non pour améliorer les conditions de travail des facteurs et le service rendu aux usagers, mais pour répartir entre moins de bras plus de travail, ici au nom d’une supposée baisse de la population. Ce qui fait que, par exemple, pour répartir des colis, une postière a 1 minute 30, pas plus : tant pis si la personne est au 3ème étage sans ascenseur, si elle ne peut se déplacer ! Tant pis si les 4 tours d’élections et les impôts à venir nécessitent une charge de travail supplémentaire, si les agents doivent parfois finir leurs journées après 14h, voire 17h pour des CDD que leurs collègues n’arrivent pas à aider à trier leur courrier, sans que les dépassements ne leur soient payés !

C’est à Lormont que ce phénomène a été le plus marquant à cause de la plus grande opération de Renouvellement urbain de ces 5 dernières années (1000 démolitions de logements sociaux, partiellement reconstruits) La Direction de la Poste en a tiré prétexte pour supprimer des tournées et ne pas « combler » des postes vacants, même avec des CDD, en accentuant la charge de travail des agents, car les démolitions impliquent des reconstructions sur d’autres sites, parfois éloignés voire plus étendus.

Les facteurs ont donc répondu aux syndicats qu’ils voulaient, non une pétition, mais la grève totale et illimitée. En 2009, ils avaient réussi à faire reculer la direction en faisant une telle journée de grève, déjà à l’appel des 2 syndicats. Le 19 décembre, ils ont donc recommencé, et tenu 11 jours sans interruption, dans l’unité syndicale, en se rassemblant et en décidant tous les jours dès 6h 45 au piquet de grève devant le centre.

Ils ont eu le soutien des habitants qui passaient et n’ont quasiment rien eu dans leurs boîtes aux lettres durant une semaine, les cadres et retraités appelés en renfort étant incapables de faire le travail des grévistes. Les élus de gauche du coin (Touzeau, Lacuey, Paris) et du conseil municipal sont venus proposer leur aide, très attachés au service public, ce qui n’a pas empêché leurs partis de voter dans le passé la casse des PTT, ainsi que le plan de Renouvellement urbain. La venue de Philippe Poutou a été appréciée, ainsi que celle des militants locaux.

Les grévistes ont obtenu la suppression d’une tournée (à l’étude), la garantie que les postes vacants seront comblés par des CDD et le report de la réorganisation en septembre. Ils devraient se prononcer le 30 décembre sur 2 jours de grève payés, 1 jour de repos compensateur, plus 1 jour pour ceux qui ont fait les 11 jours de grève.

Ils ont énormément appris de cette lutte, dont ils ont compris qu’elle était emblématique, non seulement parce qu’elle a été longue, dure, en plein pendant la période de fêtes, mais parce qu’elle comptera pour tous les centres où la Direction s’apprête à faire la même chose, sous d’autres prétextes, aux dépens des salariés et des usagers des services publics.


Monica Casanova, élue NPA à Lormont, le 29/12/2011

 

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Publié dans Info Ouest

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