A bas la répression des mouvements sociaux! La Poste : une entreprise en pointe…

Publié le par NPA Secteur Poste

80 000 suppressions d’emplois de 2002 à 2012. Et la direction de La Poste ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Mais pour parvenir à transformer la poste en entreprise pleinement rentable, supprimer des emplois ne suffit pas : il faut être prêt à mater les résistances, et c’est ce que la direction de La Poste s’est employée à faire depuis une petite dizaine d’années.
Le tournant de la grève de Bègles : l’intervention du GIPN

En mai 2005, les postiers du centre de tri de Bègles-Bordeaux se mettent en grève contre la fermeture de leur centre. Dans une lutte où 450 emplois sont en jeu, ils séquestrent des cadres… et le GIPN intervient pour briser la grève. 14 postiers sont à la fois lourdement sanctionnés au niveau disciplinaire (un licenciement, des suspensions de fonctions de 2 ans, des mutations d’office…) et poursuivis en justice : les procédures dureront jusqu’en 2010, et se solderont pour 8 d’entre eux par de la prison avec sursis.
Ce type d’intervention, assez rares à cette époque, signalait une volonté claire de la direction Bailly : être prêt à employer tous les moyens pour écraser des équipes militantes combatives dans un secteur où la tradition syndicale est relativement forte.
La tentative d’annihiler toute forme de syndicalisme de lutte de classes
Sans atteindre la violence de la répression des postiers de Bègles, la logique répressive s’est néanmoins généralisée et aggravée. Elle touche désormais à des degrés différents tous les métiers de La Poste (distribution, tri, colis…) et toutes les régions. Les cas de licenciement de représentants syndicaux, comme récemment dans l’Isère ou dans les Yvelines, se multiplient. Dans certains départements comme le 66, la direction interdit aux syndicalistes les visites de centres. 
Par-delà les différentes situations locales, le trait commun dans la politique des différentes directions est de criminaliser les formes de résistance qui servent à regrouper les postiers, des formes de résistance tolérées pendant des décennies comme les prises de parole auprès des facteurs ou des agents de tri (assimilées à des « AG sauvages perturbant le service » par la direction).
Un cas emblématique : les postiers du 92
Ce qui fait la spécificité du 92, c’est l’existence d’une équipe militante qui a systématiquement cherché à mener des conflits qui regroupent plusieurs bureaux voire plusieurs métiers, des grèves auto-organisées à l’image de la grève départementale de 2009 où les AG étaient quotidiennes et préparées par un comité de grève élu par les grévistes. 
La quasi-totalité des représentants départementaux de SUD Poste 92 ont été visés par des procédures disciplinaires. Deux d’entre eux ont écopé de longues mises à pied (un an et deux ans), et Gaël Quirante est aujourd’hui toujours menacé de licenciement. Comme à Bègles, les poursuites disciplinaires sont doublées de procédures pénales : 15 postiers dont Olivier Besancenot sont toujours accusés de séquestration pour une simple grève avec occupation. Un rassemblement pour le délibéré de leur procès en appel a lieu le 28 février à 13 heures devant la cour d’appel de Versailles (5 rue Carnot).

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Publié dans Info National

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